Le gouvernement de Mark Carney tient des consultations jusqu’à jeudi 28 août prochain pour savoir quelles sont les priorités des canadien·nes en matière d’économie : environnement, transport public, alimentation, santé, logement, éducation, politique internationale ?
Fidèle à son slogan de campagne, « Un Canada fort », le gouvernement libéral va annoncer un budget qui permettrait de « Bâtir une économie forte et unie. » Mais selon les premières annonces du Ministère des Finances, ce « Canada fort » :
- coupe au minimum 15 % des revenus de tous les ministères fédéraux d’ici 3 ans;
- pour pouvoir investir jusqu’à 150 milliards de $ par an (soit 5 % du PIB) dans la défense nationale;
- mais projette aussi un déficit de 62,3 milliards de $ (soit 1,83 % du PIB) pour 2025, qui serait en réalité bien plus haut en raison des investissements massifs en défense nationale.
Et quand on regarde les plans ministériels des 3 prochaines années, on voit que beaucoup de revenus restent à être confirmés dans les domaines liées à la justice sociale, afin d’atteindre les budgets de l’an dernier :
- 20 % de revenus confirmés au ministère Femmes et Égalité des genres Canada.
- 55 % de revenus confirmés à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
- 54 % de revenus confirmés au ministère de la Santé publique.
- 80 % de revenus confirmés au ministère de la Justice.
- 65 % de revenus confirmés à l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.
Alors, ce Canada fort, il est pour qui ?!
Les investissements que Mark Carney veut faire en défense nationale vont particulièrement affecter les personnes vivant à la croisée des oppressions : les femmes, les minorités de genre, les personnes immigrant·es, autochtones, racisées, en situation de handicap, les francophones en milieu minoritaire.
Mais par effet domino, réduire les revenus des autres ministères va aussi affecter la vie de toustes les canadien·nes.
- Parce que l’égalité des genres bénéficie à tout le monde.
- Parce que la santé publique est nécessaire pour tout le monde.
- Parce que la justice est pour tout le monde.
Les budgets fonctionnent en logique de chiffres, de revenus, de dépenses, de dettes. Mais il y a des conséquences sociales, réelles, aux décisions budgétaires. Quand on n’a pas accès aux services dont on a besoin, on passe en mode survie, on souffre d’épuisement, on est en moins bonne santé.
Conséquence : une dette se creuse que le gouvernement ne calcule pas, on appelle ça des déficits sociaux. Or, cette dette sociale s’accumule, créé de l’intérêt : elle a un coût financier que le gouvernement devra finir par payer.
Qu’est-ce qu’on peut faire ?
Répondre massivement aux consultations prébudgétaires et exprimer nos inquiétudes.
- En écrivant une lettre ou un article (par courriel ou par la malle : c’est gratuit !)
- En répondant au questionnaire du Ministère des Finances.
Non aux coupures budgétaires, non à l’austérité et les dettes sociales, oui à des vraies politiques d’égalité, équité et inclusivité !
Voici ce que demande le questionnaire :
- Comment le gouvernement peut-il bâtir une économie forte pour aujourd’hui et pour l’avenir ?
- Quels sont les moyens les plus importants que le gouvernement du Canada peut prendre pour aider les personnes dans leur vie quotidienne ?
- Quelle est votre priorité absolue au chapitre de la défense et de la sécurité du Canada ?
- Quelle est votre suggestion sur la façon dont le gouvernement fédéral peut vous soutenir ou soutenir votre communauté ?
Les questions sont à choix multiples (sauf la dernière) et elles sont déjà orientées pour obtenir un certain type de réponses. Pro tip : tu peux toujours cliquer sur « Autres » et écrire une réponse qui te convient au lieu de choisir une case prédéterminée.
À toi de jouer ! Tu as jusqu’au 28 août pour donner ton avis !
On compte sur toi pour nous aider à réaffirmer l’importance d’investir dans :
- l’égalité des genres
- la santé
- l’éducation
- le logement
- la protection de l’environnement
- et la lutte contre les oppressions.
C’est le temps dire au gouvernement fédéral d’en finir avec les dettes sociales !
Répondre aux consultations