Le RFNB se réjouit de continuer à faire avancer les enjeux d’égalité des genres avec le gouvernement Holt ! Le RFNB félicite Susan Holt et son équipe au Parti libéral pour leur victoire à la 61e élection provinciale.

L’histoire s’est faite au Nouveau-Brunswick ce lundi 21 octobre 2024, en plein Mois de l’histoire des femmes, avec l’élection de la première femme Première Ministre de l’histoire de la province.

La plateforme du Parti libéral, fortement axée sur l’amélioration des soins de santé, notamment des soins d’avortement, a su convaincre les électrices·teurs du Nouveau-Brunswick.  

C’est un pas important qui a été franchi au Nouveau-Brunswick. On se réjouit de voir que 17 femmes ont accédé à un poste de députée, dont une femme racisée.

Geneviève L. Latour, Présidente du RFNB, était au micro du Téléjournal national mardi 22 octobre 2024 pour parler de la victoire de Susan Holt aux élections provinciales du Nouveau-Brunswick

Avec 34 % de femmes à l’Assemblée législative provinciale, le chiffre le plus haut de l’histoire de la province, on se rapproche de la zone paritaire. Mais le RFNB souhaite réaffirmer sa volonté de mettre de l’avant ses enjeux féministes, car plus de représentativité ne veut pas nécessairement dire plus de militantisme.

Dans l’analyse politique réalisée que nous avons réalisée en amont des élections, on a soulevé plusieurs mesures phares du Parti libéral en matière d’égalité des genres. Toutes ces mesures seront autant d’opportunités de rencontres et de suivis avec le nouveau gouvernement.

Le RFNB a hâte de voir se réaliser les engagements de Susan Holt pour l’amélioration de l’accès et de la qualité de plusieurs soins de santé reproductive.

Depuis 17 ans, le RFNB se bat contre le règlement 84-20, qui limite le remboursement des soins d’avortement dans les hôpitaux publics, et Susan Holt s’est engagée à le modifier. Nous allons suivre ça de près car ça aura un gros impact sur les femmes et minorités de genre, surtout les personnes vivant en milieu rural. Le RFNB gardera aussi l’œil sur la promesse du Parti libéral d’étendre les services de sages-femmes dans 2 communautés, et espère que l’offre sera élargie à l’ensemble de la province.

Le RFNB se réjouit de la promesse du Parti libéral de mettre en œuvre l’équité salariale dans le secteur privé. 
On espère voir rapidement se concrétiser les augmentations promises :

  • du salaire minimum,
  • des prestations sociales,
  • des places en garderie subventionnées,
ainsi que l’amélioration des conditions de travail pour les employé·es du secteur du care.

Quand on voit que 54 % des personnes qui gagnent moins de 20 000 $ dans la province sont des femmes, c’est clair qu’il y a une urgence à agir contre la féminisation de la pauvreté.

Le RFNB a de nombreux espoirs de changement en lien avec l’engagement du Parti libéral de mettre en œuvre les recommandations de la Commissaire sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick. On attend de voir un engagement concret du gouvernement de Susan Holt dans la réconciliaction avec les peuples autochtones. En septembre 2024, en dedans de 3 semaines, 6 personnes autochtones ont été tuées par la police à travers le pays, dont 1 personne à Elsipogtog. On espère que le gouvernement Holt lancera une enquête menée par les peuples autochtones sur le racisme systémique au sein des systèmes de police et de justice, comme l’avaient prévu le Parti vert et le Nouveau parti démocratique.

Pour s'impliquer à nos côtés dans la lutte pour l'égalité des genres, devenez membre ! 

Analyse politique des plateformes électorales

L'équipe du RFNB a réalisé l'analyse des plateformes de chaque parti sous la loupe de 3 de ses enjeux prioritaires : la justice reproductive, la féminisation de la pauvreté et le féminisme décolonial et l'antiracisme. 

Représentation des femmes, des minorités de genre et des minorités visibles en politique

Avant la dissolution de la 60e Assemblée législative du Nouveau-Brunswick le 19 septembre 2024, on comptait 14 femmes sur un total de 49 parlementaires. Les femmes représentaient donc 28,57 %. Le parti progressiste-conservateur avait 9 femmes parmi ses 28 élu·es, le parti libéral 3 femmes sur 16 élu·es, le parti vert 1 femme sur 3 élu·es, et l’Alliance de gens du Nouveau-Brunswick, 1 femme sur 2 élu·es, mais qui ont tous 2 rejoints le parti progressiste-conservateur durant leur mandat.

Le RFNB a comptabilisé le nombre de candidat·es s’identifiant comme femme ou minorité de genre chez les principaux partis politiques. Lors des élections de 2020, 32.60 % des candidatures étaient des femmes ou des minorités de genre, soit 74 candidat·es sur un total de 227, dont la majorité étaient au parti vert (25 candidat·es sur 47, soit 53.2 % des candidat·es de ce parti). 

En 2024, les femmes et les minorités de genre représentent 36 % des candidatures, soit une augmentation de 3.4 points de pourcentage. À nouveau, la majorité des femmes et des minorités de genre qui sont candidat·es aux élections sont affilié·es au parti vert : 22 candidat·es sur 46 en tout. 

   
   

Le RFNB a également recensé le nombre de candidat·es appartenant à une minorité visible, qui représentent 4 % des candidatures totales, et 7 % des candidat·es au parti vert. 2 % des candidatures du parti libéral du Nouveau-Brunswick et du Nouveau parti démocratique du Nouveau-Brunswick appartiennent à une minorité visible. 

Voici un tableau qui rend compte des candidatures des femmes, des minorités de genre et des minorités visibles au Nouveau-Brunswick aux élections de 2024, comparativement aux élections de 2020. 



Justice reproductive

Le RFNB a analysé les plateformes des principaux partis politiques du Nouveau-Brunswick sous l’angle de la justice reproductive.

Spécifiquement, nous avons regardé si les partis proposaient des mesures concernant :

  • les services d’avortement
  • les services de sages-femmes
  • les soins de santé sexuelle et reproductive
  • les soins pour les personnes 2ELGBTQQIA+
  • l’éducation à la sexualité.

Seulement 3 partis abordent la justice reproductive dans leurs plateformes : le Parti libéral, le Parti vert et le Nouveau parti démocratique.
Retrouvez une version condensée dans le tableau ci-dessous, et une version détaillée en-dessous du tableau.

TLDR AP Justice reprod

De manière générale, les 3 partis s’engagent à améliorer l’accès aux services de soin d’avortement.
Le Parti libéral s’engage à modifier le règlement 84-20 de la
Loi sur le paiement des services médicaux, qui limite actuellement le remboursement des services d’avortement aux hôpitaux désignés. La modification proposée permettra le remboursement dans les cliniques (publiques comme privées), mais on ne sait pas si la modification s’appliquera également aux frais cachés comme les échographies, les prises de sang, ainsi que les produits hygiéniques nécessaires à la suite d’un avortement. De plus, on ne sait pas si les services d’avortement seront élargis dans les hôpitaux.
Le Parti vert et le Nouveau parti démocratique, quant à eux, s’engagent à améliorer l’accès aux services d’avortement dans les hôpitaux publics, dans des centres de santé et dans des cliniques communautaires. Le Parti vert s’engage à abolir le paragraphe a.1 de l’annexe 2 du règlement 84-20 pour permettre le remboursement des avortements en-dehors des hôpitaux désignés. Si aucune autre modification n’est apportée au règlement 84-20, les frais cachés (prises de sang notamment) seront toujours à la charge des patient·es. En effet, ces frais dépendent d’autres articles du règlement 84-20.

 Le Nouveau parti démocratique ne parle pas d’abroger ou de modifier le règlement 84-20 (bien que le remboursement dans les cliniques le suggère).

Les 3 partis s’engagent à rendre la contraception gratuite grâce au nouveau programme fédéral d’assurance-médicaments.

Cette mesure aura un impact positif sur toutes les personnes en âge de procréer et permettra également de diminuer le besoin de services d’avortement globalement.
Les 3 partis veulent adopter le programme fédéral d’assurance-médicaments, qui permettra aussi de rembourser les médicaments de traitement du diabète.  
Le Nouveau parti démocratique se dit ouvert à faire rembourser d’autres médicaments par le biais de ce programme, si le gouvernement fédéral est ouvert à en couvrir une partie.

Le Parti vert et le Parti libéral veulent étendre les services de sages-femmes.

Le Parti vert s’engage à élargir les services de sages-femmes à toute la province en s’appuyant sur le modèle existant de la clinique de sages-femmes à Fredericton, qui a un taux de satisfaction des patient·es de 99 %. Les 2 nouvelles cliniques prévues dans le budget 2024-2025 seront ouvertes, et 4 nouvelles cliniques seront également mises en place dans d’autres régions de la province.
Le Parti libéral s’engage à élargir l’accès aux services de sages-femmes avec un investissement de 500 000 $, ce qui représente le même montant que celui proposé par le gouvernement actuel lors de la présentation du budget 2023-2024. On ne sait donc pas si l’élargissement du service sera à la hauteur des besoins, ni dans quelles communautés les services seront offerts.
Le Nouveau parti démocratique ne parle pas des sages-femmes.

Les 3 partis souhaitent établir des soins de santé communautaires multidisciplinaires, qui regroupent différents types de professionnel·les de la santé. 
Le Nouveau parti démocratique s’engage à construire 40 centres de santé communautaires. Il veut également améliorer l’éducation sexuelle pour réduire le taux de grossesses non désirées et le taux d’infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), et pour améliorer la compréhension du consentement et encourager les relations saines.
Le Parti vert veut établir des centres de santé pour les femmes et les minorités de genre, centrés sur leurs besoins spécifiques : soins d’avortement, endométriose, etc. Il veut aussi améliorer les soins de santé prodigués aux personnes transgenres par le biais de formation auprès des soignant·es.
Le Parti libéral veut établir 30 centres de santé communautaire, mettre en place un programme de dépistage à la maison du cancer du col de l’utérus et rembourser un cycle de fertilisation in vitro (FIV).

ANALYS3   ANALYS2
ANALYS1   ANALYS4

Féminisation de la pauvreté 

Le RFNB a analysé les plateformes des principaux partis politiques du Nouveau-Brunswick sous l’angle de la féminisation de la pauvreté.

Nous avons regardé si chaque parti proposait des mesures concernant : 

  • Amélioration des conditions de travail, notamment dans les métiers du care
  • L’augmentation du coût de la vie et l’aide sociale
  • Les logements abordables, les services de garde et l’éducation.

Les 4 principaux partis proposent des réformes concernant la féminisation de la pauvreté dans leurs plateformes, mais à des niveaux différents et avec des approches différentes.

TLDR Féminisation pauvreté

Le Parti vert, le NPD et le Parti libéral s’engagent à mettre en place l’équité salariale dans le secteur privé, et à travailler à l’étendre à d’autres secteurs (secteur du soin, garderies, organismes à but non-lucratif). Rappelons qu’il existe déjà une loi qui réglemente le secteur public, mais ce n’est pas le cas dans le secteur privé, et particulièrement dans le secteur des soins de santé et des services de garde. Pourtant, ce sont dans ces derniers secteurs que l’on retrouve le plus de femmes (65 % dans le secteur privé), qui sont donc davantage affectées par l’iniquité salariale.

En plus de la mise en place de l’équité salariale, le Parti vert exigera que les employeuses·eurs indiquent l’échelle salariale prévue dans les offres d’emploi annoncées publiquement. Cette obligation permettra à la fois :

  • une meilleure transparence sur les échelles salariales pratiquées à travers tous les secteurs,
  • un gain de temps pour les personnes à la recherche d’un emploi de gagner du temps, qui n’auront pas besoin de postuler à des emplois dont les salaires ne leur donnent pas un revenu de subsistance.

Ces propositions vont dans le sens des revendications de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick.

Les 4 partis proposent des réformes dans les métiers du care

Les femmes, et notamment les femmes racisées et immigrantes, sont surreprésentées dans le secteur des métiers du soin, ou du care. Largement privatisé, ce secteur échappe à la loi sur l’équité salariale, et les conditions de travail y sont difficiles et précaires.

Le PCNB s’engage à réduire la pénurie d’infirmières·iers en élargissant leur champ de pratique, permettant de soutenir et d’accélérer les soins de santé pratiqués par le personnel médical. Pourtant, au Nouveau-Brunswick, on sait que 80 % des infirmière·ers de moins de 35 ans démissionnent en raison de la surcharge de travail et des salaires trop bas. Il reste à voir comment le PCNB va proposer d’améliorer les conditions de travail des infirmières·iers tout en leur ajoutant des responsabilités.

Le Parti libéral s’engage à augmenter les salaires des travailleuses·eurs en santé, notamment pour le secteur des soins à domicile, et des éducateurices de la petite enfance.

Le Parti vert et le NPD s’engagent à offrir aux soignant·es des mêmes primes salariales équivalentes à celles de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse. Le Parti vert s’engage à offrir :

  • des bourses de scolarité complètes aux étudiant·es en médecine et sciences infirmières,
  • des services de soutien à l’établissement des soignant·es et infirmières·iers practicien·nes nouvellement installé·es.

Le NDP, quant à lui, promet d’offrir des emplois à toustes les néo-brunswickois·es qui obtiendront un diplôme en santé et à toustes celles et ceux qui font leur résidence en médecine.

Le Parti libéral et le NPD souhaitent améliorer la reconnaissance des titres de compétence des travailleuses·eurs de la santé originaires de l’étranger dans la province.

Des mesures pour palier l’augmentation du coût de la vie sont mises en avant dans les plateformes des 4 partis politiques.

Le Parti libéral s’engage à éliminer la taxe de vente provinciale des factures résidentielles d’électricité (réduction de 10 % / mois). Le NPD a annoncé un crédit annuel universel de 200 $ aux client·es d’Énergie NB. Le Parti vert, lui, propose des réductions mensuelles aux factures d’énergie pour les personnes à faible revenu.

Comme le Parti vert et le NPD, le Parti libéral s’engage aussi à supprimer la taxe sur l’essence chargée aux consommateurs (économie de 4 cents/litre). Le Parti vert et le NPD entendent faire payer ces taxes sur les ressources énergétiques aux entreprises qui les exploitent.

Quant au PCNB, il s’engage à baisser la taxe de vente harmonisée (TVH) de 14% en 2025, et 13% en 2026. D’après leur estimation, cela permettra une réduction d’impôt de 2 % et une économie pour chaque famille néo-brunswickoise de 1000 $ en moyenne. Reste à savoir comment le PCNB va réduire les inégalités car la baisse des taxes n’est qu’un facteur de diminution du coût de la vie. Il faut prendre en compte les aides sociales qui doivent être apportées aux personnes à revenu moyen et faible.

En 2020, on estimait déjà que plus de 150 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté au Nouveau-Brunswick (moins de 20 000 $ de revenu par année), dont un grand nombre sont des femmes, et une proportion encore plus significative des femmes autochtones. Les femmes comptent pour 54 % des personnes dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $. 

L’amélioration du système d’aide sociale figure dans la plateforme de 3 partis sur 4. C’est très important pour une province comme le Nouveau-Brunswick, où plus de la moitié des personnes qui vivent en situation d’extrême pauvreté sont des femmes. Les femmes représentent aussi 80 % des personnes à la tête des familles monoparentales, et plus d’1/3 d’entre elles vivent dans la pauvreté.

Le NDP entend augmenter les aides sociales de 25 %, et doubler le rabais sur la TVH que reçoivent les familles à moyen et faible revenu.

Le Parti vert souhaite aussi augmenter les prestations sociales dans toutes les catégories et les augmenter chaque année, avant d’atteindre un revenu de base garanti qui remplacera l’aide sociale.

Le Parti libéral veut augmenter les prestations d’aide sociale, et faciliter l’accès au marché du travail pour les néo-brunswickois·es recevant des aides sociales sans risquer de perdre des revenus.

De plus, le Parti vert et le NPD s’engagent à mettre en place des congés de maladie rémunérés par l’employeuse·eur, afin de donner aux néo-brunswickois·es le temps et les ressources d’accéder à des services de soin de santé essentiels.

2 partis s’engagent à fournir une aide sociale pour les personnes vivant avec un handicap

Le Parti vert s’engage à mettre en place un programme provincial de soutien pour remplacer le système actuel d’aide sociale, tandis que le Parti libéral entend créer un revenu de base. Si ces systèmes sont bien mis en place, ils devraient aider à palier le taux de pauvreté des personnes vivant avec un handicap (12,3 % au niveau national en 2022, 29,4 % pour les personnes vivant seules). En effet, ces programmes pourraient venir complémenter la nouvelle Prestation canadienne pour les personnes handicapées (PCPH), qui offre jusqu’à 200 $ par mois pour les personnes à faible revenu.

Cependant, il faudrait savoir si les programmes prévus par le Parti vert et le Parti libéral tiendront compte du coût de la vie supplémentaire pour les personnes en situation de handicap, qui fait grimper le taux de pauvreté. Il serait aussi important de savoir si les partis interviendront pour modifier la règlementation sur l’aide sociale afin que la PCPH soit considérée comme un supplément aux prestations d’aide sociale et non comme un remplacement, comme c’est le cas pour l’Allocation canadienne pour enfants. En faisant cela, les prestations fédérales et provinciales s’additionneraient plutôt que de faire baisser le niveau de l’une ou de l’autre.

3 partis sur 4 s’engagent à augmenter le salaire minimum. Le salaire minimum actuel au Nouveau-Brunswick est de 15,30 $. Selon le Centre canadien de politiques alternatives, 1/3 des travailleuses·eurs au Nouveau-Brunswick gagnent moins de 20 $ de l’heure. Parmi elleux, 54 % sont des femmes (juillet 2024).

Le Parti libéral s’engage à augmenter le salaire minimum en l’analysant en fonction des besoins et des contraintes de chaque secteur. Cette tactique du cas-par-cas peut être plus économique mais elle est compliquée à mettre en œuvre et risque d’augmenter les inégalités.

Le Parti vert et le NPD, quant à eux, s’engagent à augmenter le salaire minimum à 20 $ l’heure d’ici 4 ans. Cette augmentation, bien que significative, est loin d’atteindre le salaire minimum nécessaire pour pouvoir louer un appartement de 2 chambres dans les principales villes du Nouveau-Brunswick :

  • Moncton : 23,69 $ / heure
  • Fredericton : 24,36 $ / heure
  • Saint-Jean : 21,04 $ / heure

Le Parti libéral, le Parti vert et le NPD s’engagent dans des réformes permettant d'améliorer l’offre et les conditions de logement.

Les 3 partis proposent de rétablir le plafonnement permanent des prix des loyers, bien qu’ils n’aient pas tous annoncé de taux.

Le NPD annonce un plafond d’augmentation de 2% par an, ce qui représente 1,8 point de pourcentage de moins que le plafonnement temporaire mis en place en 2022. Le NPD s’engage à construire 500 nouveaux logements sociaux par an, élargir les droits des locataires, et prendre des mesures pour trouver des logements aux personnes en situation d’itinérance.

Le Parti Vert propose de nombreuses réformes en matière de logement. Notamment, il s’engage à transformer le système d’impôt foncier pour favoriser les propriétaires d’immeubles offrant des logements à faible revenus. Il veut aussi prioriser la construction de logements publics, sans but lucratifs et coopératifs pour augmenter le nombre de logements abordables.

Le Parti libéral souhaite construire 30 000 nouveaux logements au Nouveau-Brunswick d’ici 2030. Il propose aussi de créer un projet pilote pour encourager le développement de logements communautaires dans les secteurs à but non lucratif. Des investissements sont aussi prévus pour :

  • fournir du financement stable aux maisons de transition et les services pour les victimes de violences entre partenaires intimes
  • rénover les logements des aîné·es et des personnes en situation de handicap,
  • offrir des services pour les personnes en situation d’itinérance, en commençant par un logement.

3 des 4 partis prévoient des programmes de nourriture dans les écoles et des améliorations aux services de garde

C’est une des mesures phares annoncées lors de cette campagne : des programmes du nourriture dans les écoles. Petits-déjeuners et lunch entièrement gratuits pour le Parti vert, petit-déjeuner gratuit et lunch à contribution volontaire pour le Parti libéral, lunch gratuit pour le NPD : les 3 partis s’engagent pour offrir des repas aux enfants des écoles et ainsi réduire les inégalités entre les enfants des familles vivant en situation de pauvreté et les autres. Une mesure importante quand on considère qu’environ 30 % des enfants au Nouveau-Brunswick vivent dans l’insécurité alimentaire : c’est 1 enfant racisé·e sur 3, et 1 enfant autochtone sur 4.

La question des services de garde est également fortement abordée dans les plateformes.  Les 3 partis s’engagent à mettre en œuvre les garderies à 10 $, avec différentes stratégies.

Le Parti vert veut créer 3400 nouvelles places de garderie, avec un financement équitable pour les garderies francophones. Le Parti vert souhaite aussi encourager les garderies à opter pour un système à but non-lucratif ou coopératif, en offrant des prêts sans intérêts afin de les aider à payer leurs frais de démarrage. Cet incitatif est très pertinent car il va dans le sens de l’entente entre le fédéral et le provincial pour les garderies à 10 $ / jour. Selon cette entente, davantage de places de garderies subventionnées sont octroyées aux établissements à but non-lucratif ou coopératif qu’aux établissements privés à but lucratif. Cette situation pose actuellement problème car la majorité des centres de la petite-enfance de la province sont à but lucratif.

Le Parti libéral s’engage à rendre plus accessible les garderies à 10 $ par jour à travers la province, et à éliminer la liste d’attente de 4 000 enfants pour les services de garde abordables. Meilleures conditions de travail pour les éducateurices, augmentation des salaires, soutien financier aux étudiant·es figurent parmi les mesures annoncées par le Parti libéral.

Le NPD, lui, souhaite offrir 1500 nouvelles places en garderie à 10 $ par jour, financées en partie ou en totalité par la province, peu importe la contribution du gouvernement fédérale.  

Le PCNB n’a rien annoncé en termes de pauvreté alimentaire ou de services de gardes.


Féminisme décolonial et antiracisme
Le RFNB a analysé les plateformes des principaux partis politiques du Nouveau-Brunswick sous l’angle du féminisme décolonial et de l’antiracisme. 

Nous avons regardé si chaque parti proposait des mesures concernant :  

  • Le retour des pouvoirs territoriaux aux Premières Nations.
  • La mise en œuvre du plan d’action de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et du rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées;
  • L’établissement d’une enquête menée par les communautés autochtones sur le racisme systémique dans le système judiciaire ;
  • La mise en place des recommandations du rapport de la Commissaire sur le racisme systémique du gouvernement du Nouveau-Brunswick ;

TLDR FDAR

Les 4 partis se prononcent… plus ou moins, au sujet du retour des pouvoirs territoriaux aux Premières Nations.

Le Parti libéral, le NPD et le Parti vert s’engagent à différent niveaux à se réconcilier avec les Premières Nations en reconnaissant leurs communautés et en répondant à leurs demandes de retour du contrôle de leurs terres ancestrales.

Le PCNB ne reconnaît pas que les territoires du Nouveau-Brunswick sont des territoires non-cédés.

Cette campagne électorale est majeure pour les Nations Mi’kmaq et Wolastoqiyik, qui sont engagées dans des actions en justice coûteuses avec le gouvernement actuel.  

Le Parti vert reconnaît explicitement dans sa plateforme que le Nouveau-Brunswick est situé sur des territoires traditionnels non-cédés des Premières Nations Wolastoqiyik, Mi’kmaq et Passamaquoddy. Il s’engage à :

  • conclure des ententes avec les Premières Nations sur la gestion des terres non-cédées,
  • reconnaitre que l’utilisation des territoires ancestraux sont régis par des Traités de paix et à autoriser la gestion communautaire des terres en partenariat avec les Premières Nations.

Le Parti vert s’engage à abolir immédiatement la directive du gouvernement du Nouveau-Brunswick interdisant aux fonctionnaires provinciaux de faire des reconnaissances de territoires. Il s’engage aussi remplacer les noms de lieux racistes, en consultation avec les Premières Nations.

Le NPD s’engage à reconnaître et respecter les traités de paix et d’amitié signés avec les Premières Nations Passamoquoddy, Wolastoqiyik et Mi’kmaq. De plus, il souhaite cesser l’action en justice du gouvernement Higgs quant aux revendications territoriales et rétablir les ententes de partages de revenus d’impôts que le PCNB avait abolies. Le NPD s’engage aussi à abolir immédiatement la directive du gouvernement du Nouveau-Brunswick interdisant aux fonctionnaires provinciaux de faire la reconnaissance des terres.

Le NPD s’engage à adopter une loi pour adopter la Déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones, un texte de 2007 qui a pour but de reconnaître l’importante contribution des peuples autochtones dans les sociétés et leurs droits, notamment en lien à l’autodétermination l’anti-discrimination.

Le Parti libéral s’engage à reconnaître les traités signés avec les Premières Nations, à rebâtir des relations de respect et de partage, et à renégocier des accords fiscaux.
Il s’engage aussi à inviter les chef·fes des Premières Nations à créer un forum bilatéral et un processus continu dans le but d’offrir des soins de santé culturellement sensibles, sécuritaires et équitables aux personnes autochtones du Nouveau-Brunswick. Le Parti libéral s’engage à mettre un plan d’action pour intégrer la Déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones dans la loi. Ce texte de 2007 a pour but de reconnaître l’importante contribution des peuples autochtones dans les sociétés et leurs droits, notamment en lien à l’autodétermination l’anti-discrimination.
Cependant, aucune mesure n’est annoncée dans la plateforme en réponse aux revendications territoriales des Premières Nations.

Quant au PCNB, il ne considère pas que les territoires de la Couronne sont des territoires non cédés. Il garde sa position sur l’action en cours devant la justice concernant la reconnaissance des droits de propriété sur les terres ancestrales non cédées de la Nation Wolastoqiyik. Bien qu’il dise vouloir s’engager dans la réconciliation, cette non-reconnaissance du PCNB des terres ancestrales des peuples autochtones révèle qu’il ne reconnaît pas le colonialisme sur lequel a été fondé la province du Nouveau-Brunswick et le Canada en tant que tel.
De plus, aucune mesure n’est annoncée dans la plateforme pour autoriser les employés du gouvernement à faire des reconnaissances de territoires.

AP FDAR Parti vert
AP FDAR NPD
AP FDAR Parti libéral
AP FDAR PCNB

2 des 4 partis se prononcent sur la mise en œuvre du plan d’action de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) afin de mettre fin au génocide des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones ainsi que le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le Parti vert et le NPD s’accordent sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation et

les appels de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Les 231 appels à la justice font l’objet d’un Plan d’action national, qui demande notamment aux gouvernements de créer un poste d’ombuds des droits des Autochtones et des droits de la personne, ainsi qu’un tribunal spécifique.

Il est grand temps que les recommandations de ce rapport, qui date de 2019, soient mises en place. En 2024, un rapport final de l’appel à la justice 1.7 a révélé que seulement 2 des 231 appels à la justice ont été pleinement réalisés.

Le NPD et le Parti vert s’engagent à déclencher une enquête par les communautés autochtones sur le racisme systémique au sein des systèmes de justice et de police.

Il est plus que temps de déclencher une enquête sur le sujet. Juste en septembre 2024, 6 personnes autochtones ont été tuées par les services de police au Canada en moins de 3 semaines. Il y a en ce moment une forte augmentation de la discrimination raciale et des violences racistes. En 2019, 97 % des personnes autochtones ont déclaré avoir été victime de discrimination au cours des 5 années précédentes. Pour 21 % d’entre elles, cette discrimination s’est effectuée dans leurs rapports avec la police.

On sait également que les personnes autochtones et racisé·es sont surreprésentées parmi les personnes dans le système judiciaire, parmi les personnes accusé·es, et parmi les personnes en prison.

Dans l’esprit d’une réelle réconcili-action, il est aussi très important que cette enquête soit menée par des personnes autochtones. Il s’agit de redonner de l’autonomie à des peuples historiquement opprimé·es et de se fier à leurs expertises dans les sujets qui les concernent directement.

Ni le Parti libéral ni le PCNB ne parlent de lancer une enquête sur le sujet dans leurs plateformes.


3 partis des 4 partis politiques proposent des mesures pour lutter contre le racisme systémique.

Le Parti libéral, le Parti vert et le NPD s’engagent tous à mettre en œuvre les recommandations du rapport de la Commissaire sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick. Le rapport, paru en 2022, lance 86 recommandations sur de nombreux domaines : la santé, l’éducation, les étudiant·es racisé·es et immigrant·es, le sport, la justice et la sécurité publique, les gouvernements locaux, les médias et les peuples autochtones. À date, aucune des recommandations n’a été mise en œuvre, bien que le gouvernement Higgs affirme que le travail sera bientôt mis en place pour adresser 75 % des recommandations du rapport.

Le Parti vert souhaite également créer un secrétariat gouvernemental pour surveiller le démantèlement du racisme systémique au sein du gouvernement. Cette mesure permettrait d’avoir plus de transparence dans les mécanismes mis en place et évaluer s’ils fonctionnent comme ils devraient.  


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