Nouveau en 2025-2026, le projet Ensemble pour l'équité : l'éducation de l'intersectionnalité a pour but de fournir aux élèves du secondaire, aux enseignant·es et au personnel scolaire des outils pour mieux comprendre le concept de l'intersectionnalité. 

Contexte


De nombreux stéréotypes de genre sont encore aujourd’hui véhiculés dans la société. Un exemple simple de la présence de ces stéréotypes est la socialisation du genre. On est poussé·es par des normes sociales à élever des filles qui sont empathiques, gentilles et artistiques et des garçons qui ont de la difficulté à être émotionnellement vulnérables, qui prennent leur place et qui sont analytiques. Cette socialisation genrée, qu’elle soit consciente ou non, a un effet sur les choix de ces enfants plus tard dans leur vie et les attentes que la société a envers elleux.

Le chercheur Carlo Barone de l'Observatoire sociologique du changement de l’Université Science Po Paris remarque dans l'article Cursus et métiers : comprendre la ségrégation genrée (2021) qu’ « aujourd’hui, les femmes accèdent autant que les hommes aux emplois diplômés » mais que « les femmes restent sous-représentées dans certains emplois, en particulier les mieux rémunérés comme l’ingénierie et les TIC. Au contraire, elles sont surreprésentées dans d’autres emplois ou secteurs, caractérisés par des revenus inférieurs à la moyenne, tels que le domaine artistique ou les sciences humaines. » L’article pointe du doigt les stéréotypes de genres inconscients comme faisant partie des causes de ces choix de carrière.

Pourquoi certains métiers, ceux qui sont plus rémunérés, donc valorisés dans notre société capitaliste, sont-ils occupés de manière prédominante par les hommes ? Pourquoi les métiers  moins rémunérés, donc moins valorisés, sont, a contrario, occupés de manière prédominante par des femmes ? On remarque notamment que les métiers à prédominance féminine ont souvent comme compétences requises des caractéristisques correspondantes aux normes de socialisation des jeunes filles et des adolescentes.

Par ailleurs, dans toutes les recherches et le monde académique, il est très difficile de trouver des données sur les particularités que vivent des jeunes trans, non-binaires et au genre fluide. Il est donc impossible d’arriver à des constats comparatifs pour identifier les stéréotypes inconscients qui vont avoir des effets sur les choix académiques et de carrière de ces jeunes, et qui vont avoir un impact sur leur sécurité, leur prospérité et leur pouvoir économique plus tard dans la vie.

La socialisation du genre et les stéréotypes associés à cette socialisation sont des obstacles à l’atteinte de l’égalité des genres au sein de notre province et notre société. Il existe aussi d’autres formes d’inégalités qui ont des impacts sur des femmes comme le racisme, le classisme, la xénophobie, le capacitisme, l’âgisme et encore autres formes de discrimination. C'est cette lentille d'analyse des oppressions qui est la base de l'intersectionnalité.

C'est quoi l'intersectionnalité ?


L'intersectionnalité se défini comme un cadre d’analyse qui identifie comment le cumul de différentes formes de domination ou de discrimination vécues par une personne (notamment sa race, son sexe, son âge, sa religion, son orientation sexuelle, sa classe sociale ou ses capacités physiques) n’entraîne pas une addition des discriminations, mais entraînent une multiplication des préjudices subis. Selon le privilège associé à chacune de ces identités, une personne dans notre société va vivre ou être épargné de certaines formes de discrimination, qu'elles soient ponctuelles ou systémiques. Des discriminations systémiques sont celles qui sont incorporées dans la structure-même de nos écoles, nos politiques, nos lieux de travail, nos hôpitaux, etc.

Roue des privilèges Final


La notion de l’intersectionnalité nous permet de comprendre, par exemple :
  • que les francophones et des anglophones au Nouveau-Brunswick n’ont pas les mêmes réalités et historiques, donc pas les mêmes défis et besoins
  • que des élèves né·es à l’extérieur du Canada et qui vivent en pauvreté n’ont pas les mêmes défis et réalités que celleux né·es au Canada de la classe moyenne
  • que des élèves vivant en situation de handicap ou avec une différence n’ont pas les mêmes défis, réalités et besoins que des jeunes qui ne sont pas né·es ou n’ont pas développés de conditions ou de maladies qui affectent la façon dont iels sont perçu·es et inclu·ses dans nos écoles et dans notre société.

Les discrimination ont aussi des effets sur le pouvoir économique, social et politique de certains groupes de notre population. Parfois, les discriminations sont tellement imbriquées et normalisées qu’elles font partie de notre fabrique sociale et donnent comme résultats des stéréotypes et des biais inconscients qui la reconduisent encore et encore le statu quo dans nos vies quotidiennes, nos institutions et nos politiques publiques. 

L'intersectionnalité en éducation


En 2020, suite au Sommet des femmes, le RFNB a mis en place une table de concertation afin de définir et de repenser cinq enjeux prioritaires pour l’égalité entre les genres en Acadie, dont l’éducation. De nombreux organismes se sont rencontrés pendant 2 ans afin de livrer leurs recommandations. De ce travail est ressorti un constat : nos écoles ne sont pas neutres. Les écoles participent encore activement, aux côtés de la famille et de la culture, à la perpétuation des rôles traditionnels de genre ainsi que d’autres préjudices et discriminations qui encouragent des comportements à la base de l'inégalité. Or, le système scolaire public peut favoriser l’apprentissage de notions comme l’égalité des genres, l’équité et la justice sociale. Le constat de la table de concertation s’applique pour l’égalité entre les genres, mais aussi pour autres inégalités.

Malheureusement, aujourd’hui, le personnel enseignant ne dispose pas toujours des outils et de la formation adaptées pour aborder ces concepts. Des études et ressources pédagogiques mettent de l’avant le fait qu’intégrer l’approche intersectionnelle dans les écoles et les salles de classe a le potentiel de mener de meilleures politiques éducatives en lien avec la participation, le rendement et le succès des élèves.

C'est donc l'objectif que se donne ce projet : adapter les outils existants du RFNB en matière d'éducation à l'intersectionnalité pour les jeunes de 14 à 18 ans, mais aussi les enseignant·es et le personnel d'éducation. À travers des ateliers interactifs, le RFNB sensibilisera les élèves et le personnel scolaire aux inégalités sociales, y compris celles liées au genre. 

Des questions ? 


Vous voulez en savoir plus sur le projet ? Vous êtes enseignant·e et cet formation vous intéresse ? Entrez en contact avec Natasha Landry, coordinatrice de projet, au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. 



Ce projet est présenté grâce à un financement du GACEF.

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