Groupe de femmes tenant une banderole du RFNB
Mise en contexte

Des politiques publiques à la fois féministe et écologique renforceraient la résilience de nos économies et de nos sociétés face aux enjeux environnementaux et contribueraient à l’amélioration du bien-être de l’ensemble de la population et plus particulièrement des plus vulnérables.

Quelques faits :

  • Les femmes et les minorités de genre, et plus particulièrement les femmes autochtones, les femmes racisées, les femmes porteuses d’un handicap et toutes celles vivant à la croisée des oppressions, sont les premières victimes des répercussions socioéconomiques, culturelles et sanitaires des crises environnementales;
  • Le taux de pauvreté accru des femmes les rend plus vulnérables aux effets des changements climatiques tels que les catastrophes naturelles, l’insécurité alimentaire et les phénomènes de migration pour raison climatique;
  • Les femmes sont les premières à subir les conséquences de la surexploitation des ressources;
  • Les causes profondes du changement climatique et de l’oppression systémique du patriarcat se chevauchent;
  • La lutte pour la justice sociale est inextricablement liée à la lutte pour la justice climatique.

COVID-19 et environnement

La pandémie de la COVID-19 est considérée par les spécialistes comme une crise écologique, qui risque de se reproduire à l'avenir. Elle est liée aux problèmes environnementaux mondiaux, comme la perte de biodiversité, le changement climatique, la pollution de l’air et de l’eau ou la gestion des déchets. Améliorer la qualité de l’air, réduire les émissions de CO2 ou accroitre l’accès à une alimentation de qualité, produite localement, pourrait contribuer à rendre les habitant·es moins vulnérables en cas d'apparition d'une épidémie ultérieure.

Pauvreté et justice climatique

À travers le monde tout comme au Nouveau-Brunswick, les femmes sont plus susceptibles de vivre en pauvreté. On estime que plus de 100 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans la province, dont un grand nombre sont des femmes. Les femmes, qui comptent pour plus de 67 % des personnes dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $, occupent davantage les emplois précaires, à temps partiel et dont le salaire est moindre.

Cette pauvreté accrue les expose particulièrement aux effets des changements climatiques tels que les catastrophes naturelles, l’insécurité alimentaire et les phénomènes de migration pour raison climatique. Les désastres climatiques peuvent avoir de graves répercussions sur les systèmes agricoles, les filets sociaux et les infrastructures économiques, et les femmes ressentent davantage les effets puisqu’elles sont déjà vulnérables.

Prenons l’exemple d’Irving, à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, qui constitue la raffinerie pétrolière la plus importante à l’échelle nationale. Cette ville détient un taux de cancer de poumons de 50 % plus élevé que les autres villes majeures de la province. Les personnes les plus touchées? Celles qui ne peuvent pas s’offrir de fins de semaine à la campagne et un suivi médical régulier, bien sûr! C’est-à-dire les populations les plus pauvres, dans lesquelles les femmes sont majoritaires.
L'exploitation des ressources naturelles et la violence fondée sur le genre

Selon le rapport de la commission des femmes autochtones disparues et assassinées, l’exploitation des ressources naturelles est directement liée à la violence fondée sur le genre. Dans les endroits où il y a une augmentation des travailleurs temporaires des industries d’exploitation (on pense à l’industrie minière, à l’industrie pétrolière et à l’installation des oléoducs), on constate une augmentation documentée de violence faite aux femmes et aux minorités de genre, plus particulièrement encore contre les femmes autochtones.

Un lien peut facilement être fait entre l’exploitation de l’environnement, l’appropriation du corps des femmes et l’exploitation des femmes par la société capitaliste et patriarcale.
Pistes de solution
Selon l’ONU, il y a une absence de données ventilées par le genre dans les recherches sur les effets des changements climatiques. Davantage de recherches qui mettent en lumière les effets des changements climatiques et de l’exploitation des ressources naturelles seraient nécessaires pour mieux comprendre cet enjeu et surtout, trouver des solutions. Or, il est de plus en plus difficile d’avoir un accès ouvert et transparent à ce type de données. De plus en plus de gouvernements se penchent sur l’application d’une analyse comparative selon le genre afin de rendre compte des effets des différentes politiques publiques, notamment environnementales, sur les différentes populations. Malheureusement, encore aujourd’hui, au Canada comme au Nouveau-Brunswick, il est difficile de connaître les résultats de ces analyses et la manière dont les politiques sont modifiées pour réduire les inégalités et les effets sur les populations les plus marginalisées.

De nombreuses recherches indiquent qu’une approche féministe radicale et intersectionnelle appuyerait les efforts environnementalistes du monde entier, puisque ces deux mouvements ont le potentiel de lutter contre le même système capitaliste, patriarcal et hétéronormatif.
Pour aller plus loin