Femme autochtone tenant des plumes dans sa main
Mise en contexte Le Nouveau-Brunswick compte 15 collectivités autochtones, soit six collectivités wolastoquiyik et neuf collectivités mi’kmaq. En tout, plus de 11 000 femmes autochtones habitent au Nouveau-Brunswick. Les discriminations croisées que vivent celles-ci les fragilisent tout particulièrement. Par exemple, en 2020, 23 % des victimes de féminicides étaient des femmes autochtones, alors que ces dernières ne représentent qu’environ 2 % de la population canadienne.
Des luttes actuelles

Aujourd’hui, l’accès à l’eau potable est toujours un problème dans de nombreuses communautés des Premières Nations. Le droits ancestraux de ces communautés sont régulièrement bafoués, qu’il s’agisse par exemple des récents conflits entre pêcheurs et pêcheuses mi’kmaw et non-autochtones en Nouvelle-Écosse ou du projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique.

De manière générale, les Autochtones doivent faire face à des défis plus importants en matière de santé et d’éducation, ont plus de chance de se retrouver en prison, sont plus susceptibles d’être au chômage et meurent plus jeunes que les non-Autochtones.

Ces faits s’expliquent en partie par le traumatisme lié au système des pensionnats autochtones, dont les effets se font sentir sur plusieurs générations. Rappelons-nous que lorsqu’ils et elles ont réintégré leurs communautés à la fin de leur « scolarité », les dizaines de milliers de survivant·es des pensionnats ne parlaient même plus la langue de leur famille. Ils et elles se sont retrouvés privés de tout repère, sans les connaissances ou les outils nécessaires pour s’adapter et confrontés à des obstacles psychologiques de taille.

Mais les défis auxquels font face les communautés autochtones tirent leurs origines dans des causes plus profondes encore. La mort de Joyce Echaquan, décédée à l’hôpital en septembre 2020 après avoir été insultée par des membres du personnel soignant, démontre si besoin en est le poids du racisme systémique au sein de nos institutions publiques.
Le racisme systémique

Le racisme systémique désigne l'ensemble de la structure sociétale composée d’institutions, de lois et de politiques qui maintiennent un système d’inégalités qui privilégie et opprime différents groupes dans la société selon la « race » qui leur est attribuée. Ces inégalités confèrent des privilèges aux personnes blanches et portent atteinte aux droits des personnes noires, racisées et autochtones.

Ce processus n’est pas toujours intentionnel et il ne signifie pas nécessairement que le personnel de l’organisme est raciste à titre individuel. Bien au contraire, la notion de racisme systémique implique que même si personne n'est consciemment raciste dans une institution, elle peut quand même reproduire les inégalités de pouvoir selon la « race », et opprimer les personnes noires, racisées et autochtones. 

Le racisme systémique présents dans nos sociétés explique en grande partie pourquoi les Autochtones sont surreprésenté·es parmi les victimes de violence policière au Canada. Au cours des 20 dernières années, 16 % de tous les homicides commis par la police impliquaient des victimes autochtones.

Les discriminations croisées vécues par les femmes autochtones les fragilisent tout particulièrement. En 2020, 23 % des victimes de féminicides étaient des femmes autochtones, alors que ces dernières ne représentent qu’environ 2 % de la population canadienne. Le sexisme et le racisme systémiques sont également présents dans notre système de santé, ce qui expose les femmes autochtones à des problèmes spécifiques comme la stérilisation forcée.

 
Femmes et filles autochtones disparues ou assassinées
Les femmes autochtones sont trois fois plus à risque de violence que les autres Canadiennes et surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées au pays.

Lorsque l’on évoque les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) au Canada, on fait référence à une crise des droits de la personne qui n’est que récemment devenue un sujet majeur pour les médias nationaux. Depuis très longtemps, les femmes et les collectivités autochtones, les groupes de femmes et les organisations internationales appellent à agir face au taux de violence élevé, disproportionné par rapport à celui prévalant dans la population générale, dont sont victimes les femmes et les filles autochtones et au nombre épouvantable d’entre elles disparues et assassinées. Avant le lancement d’une enquête publique nationale le 8 décembre 2015, ces appels avaient régulièrement été ignorés par le gouvernement fédéral.

En 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada s'est prononcé en faveur d’une enquête nationale sur le nombre disproportionné de victimes parmi les femmes et les filles autochtones. Le rapport final de l’Enquête nationale a été présenté au public en 2019.
Saviez-vous que? Le "2" du sigle "LGBTQ2+" renvoie au terme "bispirituel·le" ou "two-spirited", qui est utilisé chez certaines communautés autochtones pour désigner les personnes qui incarnent deux esprits (masculin et féminin). Il s’agit d’un concept qui existe depuis longtemps dans ces communautés.
Pistes de solution

Que pouvons-nous faire pour déféndre les droits des communautés autochtones et être de bon·nes allié·es?

  • S'éduquer et s’informer sur les luttes en cours, sur l'histoire, sur les inégalités et leurs origines, sur les cultures et les expériences différentes;
  • Remettre en question ses propres croyances et préjugés;
  • Prendre action pour créer un changement dans sa vie et dans la société;
  • Ouvrir le dialogue avec ses proches sur les enjeux des communautés autochtones;
  • Prendre part ax manifestions et aux activités organisées par les communautés autochtones;
  • Ecrire à ses député·es pour leur demander de prendre des mesures concrètes;
  • Amplifier les messages des communautés autochtones sur les réseaux sociaux et sur la place publique.
Notre position Nous sommes solidaires avec les communautés autochtones. Nous nous positionnons à leurs côtés en tant qu'allié·es pour amplifier leur voix et sensibiliser l'ensemble de la population aux multiples discriminations auxquelles elles sont confrontées. Nous défendons plus particulièrement les droits des femmes et des minorités de genre de ces communautés et restons attentives aux enjeux qui les concernent.
Pour aller plus loin