Personnes tenant des affiches pro-choix
Mise en contexte Le débat de l’avortement a déjà été réglé par notre système juridique en 1988. Il été décidé que toutes les personnes ayant besoin d’un avortement peuvent en avoir un au Canada.

Or, nous considérons que ce n'est pas le cas actuellement au Nouveau-Brunswick.

Il y a une distinction importante à faire entre la disponibilité d’un service et l’accessibilité d’un service. On définit accessibilité comme la capacité d’obtenir un service sans barrière, sans obstacle. Les services d’avortement sont donc actuellement disponibles au Nouveau-Brunswick, mais en raison des points d’accès restreints et d’un processus flou, les services ne sont pas accessibles.
Quelles sont les barrières à l'avortement au Nouveau-Brunswick?

  • Les barrières législatives : le Nouveau-Brunswick est la seule province du Canada où les avortements en dehors des hopitaux ne sont pas financés par l’assurance maladie. À la manière des législations morcelant le droit à l’avortement aux États-Unis, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a choisi d’adopter, en 1989, une mesure restreignant l’accès à l’avortement en limitant le financement public aux avortements pratiqués dans un établissement hospitalier. Cela a entrainé des difficultés importantes pour des établissements comme la Clinique 554, qui pratiquait un nombre considérable d’avortements chirurgicaux avant d’être contrainte de ralentir ses activités en 2021, faute de financement public adéquat.

  • Les barrières géographiques et financières : aujourd’hui, au Nouveau-Brunswick, seuls trois hopitaux offrent des avortements, deux à Moncton et un à Bathurst. Certaines personnes, par exemple dans le Nord-Ouest de la province, doivent effectuer un trajet de plus de 3 heures (simple aller) pour s'y rendre. Ce problème se pose de manière accrue pour les personnes vivant en milieu rural ainsi que pour les personnes ayant des moyens financiers restreints en raison des coûts associés au déplacement et à la rareté du transport collectif interrégional.

  • Les barrières linguistiques : de nombreuses personnes francophones et/ou immigrantes rencontrent de gros obstacles lorsqu'elles veulent avorter. Souvent, elles doivent choisir entre recevoir des services en anglais rapidemment ou attendre pour des services en français, ce qui est problématique en matière d'avortement. Aussi, les patient·es qui ne sont pas soigné·es dans leur langue courent plus de risques d'erreurs médicales et de complications.

  • Les barrières liées à la stigmatisation : au Nouveau-Brunswick, l’avortement demeure un sujet extrêmement stigmatisé, particulièrement pour les jeunes femmes et les minorités de genre. Cette stigmatisation permet aux mythes à l’égard de l’avortement de se développer et d’être diffusés à grande échelle, et expose les personnes qui interrompent une grossesse non voulue à la honte, au harcèlement et aux préjudices sociaux. Améliorer l'accès, ça veut aussi dire fournir des soins de santé inclusifs et des espaces sécuritaires pour toutes et tous. Les personnes qui désirent avorter devraient pouvoir le faire sans avoir peur.

  • Les barrières liées au manque d'information : une des plus grosses barrières à l'avortement est le manque d'accès à de l'information claire et adaptée. La ligne d’accès d'Action Canada for Sexual Health and Rights est une ligne d’assistance téléphonique et par texto gratuite et confidentielle, disponible tous les jours de la semaine. Elle répond aux questions sur la santé sexuelle et l’avortement et fournit des informations et des références vers des prestataires de services partout au Canada. Vous pouvez les contacter par téléphone au 1-888-642-2725, par texto au 613-800-6757 ou par courriel à access@actioncanadashr.org. Au Nouveau-Brunswick, vous pouvez également appeler Télé-Soins au 811 pour des informations générales.

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La justice reproductive, qu'est-ce que c'est?

Afin de réaliser véritablement l’égalité entre les genres, les femmes et les personnes dans le besoin doivent avoir une autorité totale sur leur corps. Cela inclut leur santé reproductive et leur capacité à choisir quand et comment ces personnes deviendront, ou non, des parents.

Selon le Sister Song Women of Color Reproductive Justice Collective, la justice reproductive le droit humain de conserver son autonomie personnelle et corporelle, d’avoir des enfants, de ne pas en avoir et de faire vivre ses enfants dans des communautés sécuritaires et durables.

La justice reproductive est à la fois un cadre d’analyse et de pratiques et un mouvement social qui a émergé aux États-Unis pendant les années 1990. Le terme a été consacré par des femmes africaines-américaines lors de la Conférence internationale sur la population et le développement qui a eu lieu au Caire en 1994. Il est le résultat de l’amalgame entre « justice sociale » et « droits reproductifs ». La justice reproductive situe l’accomplissement de la pleine autonomie sexuelle et reproductive des femmes et des filles au sein d’un projet plus large de justice sociale. Ce mouvement a émergé de l’initiative de femmes racisées et autochtones et continue d’être majoritairement porté par elles.

Saviez-vous que?

En Amérique du Nord, une femme sur trois aura recours à l'avortement au cours de sa vie. Ça veut dire que nous connaissons toutes et tous quelqu’un·e qui a déjà eu ou aura besoin de ce service. Que nous l’avons vécu ou le vivrons. Tout le monde a le droit au respect et au soutien. Tout le monde a le droit de pouvoir avorter dans de bonnes conditions, dans un environnement sécuritaire et respectueux.

Notre position Nous revendiquons une réelle politique d'accès aux services de santé reproductive et sexuelle à travers toute la province.

En matière d'avortement plus précisément, nous demandons au gouvernement d’assurer des services universels, gratuits et de qualité, pour toutes les femmes et les minorités de genre dans la province. Cela passe par une augmentation des centres de services au sein des hopitaux, mais aussi par l'exploration de nouvelles pistes, comme les cliniques communautaires. Ces centres permettraient l'accès à des soins de santé inclusifs et de qualité.

Le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour honorer le caractère universel et gratuit des soins de santé médicalement nécessaires, dont font partie les services d’avortement. L’Annexe 2 (a.1) du Règlement 84-20 au Nouveau-Brunswick constitue une tentative idéologique de restreindre l’accès à l’avortement et elle doit être abrogée. Le gouvernement doit garantir aux personnes souhaitant avorter la liberté de le faire et le choix quant à la méthode.
Pour aller plus loin
Dans la province, trois hôpitaux pratiquent des avortements chirurgicaux. Vous n’avez pas besoin de passer par votre médecin. Appelez directement l’une des cliniques pour obtenir un rendez-vous.
  • Clinique de planification familiale à l'Hôpital régional Chaleur à Bathurst : 506-544-4150
  • Clinique de planification familiale au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont : 506-869-2770
  • Clinique de planification familiale à l’Hôpital de Moncton : 1-844-806-9205

Une clinique privée pratique des avortements (attention, des frais s'appliquent) :
  • Clinic 554 à Fredericton : 1-855-978-5434

AUTRES RESSOURCES :


Sur les points de service au Nouveau-Brunswick
Sur les points de service au Canada
Sur le programme d'avortement médical

Cette page n'est pas un avis médical. Pour trouver de l'information précise, veuillez consulter un·e professionnel·le de la santé.