Immigration au féminin : défis et réalités

Index de l'article


Nous avons réalisé 4 bandes dessinées pour mettre en lumière les défis et les réalités vécues par les femmes et les minorités de genre francophones immigrantes tout au long de leur parcours.

Ces bandes dessinées ont été réalisées dans le cadre de la Semaine de l'immigration francophone 2022. Merci à Camille Perron-Cormier pour les magnifiques dessins!

Pour lire les bandes dessinées, cliquez sur les images ou sur les liens dans l'index de l'article.

charge mentale 1violences et vulnérabilités 1
racisme systémique 1rien sur nous sans nous 1



 Le poids de la charge mentaleL'AFFC a publié récemment une étude sur les besoins des femmes immigrantes francophones en situation minoritaire.  Une majorité des participantes ont souligné la charge mentale qui accompagne le projet d'immigration.    Une situation qui s'explique par la persistance des stéréotypes de genre. Les femmes passent toujours plus de temps à préparer les repas, faire le ménage ou s'occuper des enfants.  À cela s'ajoute, pour les femmes immigrantes, tout le travail de gestion, d'organisation et de planification nécessaire pour immigrer dans un nouveau pays et s'intégrer dans une nouvelle communauté.  Je dois m'occuper de toutes les tâches administratives, trouver une école pour les enfants, chercher un médecin de famille, tout en gérant les tâches domestiques habituelles. Je suis épuisée.  L'éloignement est aussi un facteur de stress. Dans mon pays d'origine, je pouvais compter sur ma famille, sur des amies. Ici, je n'avais personne pour m'aider quand je suis arrivée. Personne pour garder les enfants pendant les cours d'anglais.  Immigrer, c'est devoir faire ses preuves dans un nouveau oays et donc travailler plus fort, en subissant plus de pression, surtout si on est une femme. Quand on ne connait pas bien la langue, les codes, c'est très stressant. On subit des micro-agressions, du racisme aussi parfois.  Les programmes et services aux immigrantes doivent mieux prendre en compte les questions de genre et de diversité afin d'offrir des solutions adaptées aux besoins des femmes.




Violences et vulnérabilités Il y a certaines périodes de la vie qui ont tendance à faire émerger ou s'intensifier les violences. La migration en est une.Les personnes immigrantes doivent s'adapter à un nouveau pays, de nouveaux codes. Elles ne connaissent pas toujours la langue d'accueil. Elles voient presque toujours leurs qualifications professionnelles dévalorisées. Elles peuvent éprouver des difficultés financières. Souvent, elles sont seules, isolées de leur famille et de leur amies.Aussi, les processus de l'immigration de la demande d'asile et du parrainage mettent souvent un partenaire dans une position de pouvoir par rapport à l'autre.40 % des immigrantes économiques sont des demandeuses secondaires. Cela signifie qu'elles sont liées administrativement à leur conjoint. Si elles le quittent, elles peuvent perdre leur droit de rester au Canada. Cette relation de dépendance et de pouvoir peut rendre les femmes vulnérables à divers types d'abus, de violence et d'exploitation.Aussi, certaines immigrantes n'ont pas de statut légal (par exemple, parce que leur visa ou leur permis de travail a expiré), ce qui peut les placer dans des situations extrêmement difficiles.Souvent, les personnes migrantes victimes de violences conjugales ne savent pas qu'elles ont des droits. Beaucoup craignent de quitter la maison ou de s'adresser aux services de police pour porter plainte, vu la précarité de leur statut.Je n'avais pas beaucoup d'argent, je ne connaissais personne, je ne pouvais pas quitter la maison.Au Nouveau-Brunswick, les refiges pour femmes ne sont pas assez équipés pour répondre aux besoins des immigrantes. Par exemple, les services d'interprétation ne sont pas toujours disponibles.Les écosystèmes de l'immigration francophones doivent être mieux outillés pour aider les immigrantes victimes de violence conjugale. Des ressources supplémentaires doivent être spécifiquement allouées.





Le racisme systémiqueLa proportion d'immigrantes francophones est beaucoup élevée au Nouveau-Brunswick (1,9%) qu'au Canada (10,5%). Le NB a beaucoup de difficultés à garder ses immigrantes : 50 % quittent dans province dans les 5 ans.Nous pensons que cette situation s'explique en partie par le racisme systémique que peuvent vivre les personnes immigrantes,En raison de nombreux préjugés sexistes et racistes, les femmes et les minorités de genre immigrantes racisées sont confrontées à des obstacles importants pour accéder et se maintenir sur le marché de l'emploi.Alors que 24,8% des hommes francophones du NB ont un revenu annuel de moins de 20 000$ après impôt, ce pourcentage monte à 35,2% pour les femmes immigrantes francophones.Au niveau du logement également, les candidates locataires racisées et immigrantes sont souvent discriminées par les propriétaires à cause de préjugés.Ces discriminations, bien que punissables par la loi, sont souvent difficiles à prouver et rarement poursuivies.Les gens ne veulent pas nous prendre comme locataires, ils préfèrent quelqu'un qui a des chats et des chiens que prendre une personne noire qui a une famille.Pourtant, les femmes et les minorités de genre immigrantes sont une vraie richesse pour nos communautés. Iels peuvent être des acteurs et actrices de changement et insuffler un regain d'énergie à nos collectivités. Les efforts déployés pour augmenter le nombre d'immigrantes doivent être menés de front avec un travail sur le racisme systémique. Il faut notamment lutter contre les discriminations raciales, sexistes et linguistiques en matière de logement et d'emploi.





rien sur nous sans nous 1
Aujourd'hui, les politiques et les programmes en immigration ne tiennent pas compte du genre. Vela se traduit par certaines lacunes dans les services offerts aux immigrantes.Les femmes et minorités de genre immigrantes rencontrent des obstacles particuliers tout au long de leur parcours : accès difficile au marché du travail, enjeux liés aux enfants à charge, mauvaises conditions de travail et de vie, restrictions en matière de mobilité, violences diverses, accès restreint aux services de santé sexuelle et reproductive, etc.Je ne peux pas participer aux activités organisées pour les immigrantes car je n'ai personne pour garder mes enfants. Je n'ai pas de voiture et il n'y a pas de transports publics dans ma ville.L'analyse intersectionnelle selon le genre est un outil qui permet de déterminer comment l'intersection de différents facteurs identitaires (comme le sexe, le genre, le handicap, la langue, etc.) influe sur l'efficacité des initiatives du gouvernement.L'intersectionnalité met en lumière la façon dont les systèmes d'oppression s'imbriquent et se renforcent mutuellement. Les discriminations ne s'additionnent pas seulement : elles changent et façonnent la nature des injustices vécues.Pour trouver des solutions qui fonctionnent pour tout le monde, il est important que les personnes nouvellement arrivées et/ou racisées soient mieux représentées dans les espaces de décisions. Il est nécessaire d'inclure des personnes immigrantes dans l'élaboration des projets qui les concernent, et ce dès le début du processus. Souvent, iels connaissent les solutions à leurs problèmes.Si vous n'êtes pas à table, vous êtes au menu! Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi.Nous demandons la mise en oeuvre d'une analyse selon le genre intersectionnelle à chaque étape des initiatives, actions et politiques qui touchent l'immigration. Des programmes et services sensibles au genre, à l'inclusion et à la diversité doivent être créés.
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