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Le 10 novembre 2008

Monsieur Shawn Graham
Premier ministre du Nouveau-Brunswick
Édifice du centenaire
Fredericton (N.-B.)

Monsieur le Premier ministre

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick appuie les démarches du « Comité Sauvons le centre parascolaire Ste-Thérèse de Dieppe ». Nous sommes préoccupées par l'annonce que le plan de reconstruction de l'école Ste-Thérèse de Dieppe ne comprend pas de place pour un service de garde d'enfants. Ceci signifie que 45 enfants et leurs familles n'auront plus accès leur garderie agréée.

Il existe déjà une pénurie de services parascolaires agréés à Dieppe et à travers de la province. Actuellement, seulement dix pour cent des enfants âgés de 5 à12 ans au Nouveau-Brunswick ont accès à des programmes de garderie parascolaire agréés. Ne pas inclure une garderie dans le plan de reconstruction de l'école va à l'encontre contre de deux initiatives de votre gouvernement : « Les enfants au premier plan » et « Être prêt pour la réussite » du ministère de l'Éducation et « Stratégie décennale pour la petite enfance au Nouveau-Brunswick » du ministère de Développement social. Ces initiatives prévoyaient des liens plus étroits entre la communauté, l'école, l'apprentissage et la garde de la petite enfance.

Le plan de votre gouvernement pour stimuler le développement économique et encourager l'immigration est voué à l'échec si nous ne comblons pas les besoins de nos enfants et de leurs parents qui sont sur le marché de l'emploi.

Nous notons aussi que le comité « Sauvons le centre parascolaire Ste-Thérèse de Dieppe, » qui comprend des représentants de la garderie, du Comité de parents de l'école Ste-Thérèse et du Comité parental d'appui à l'école de l'école Ste-Thérèse, est prêt de travailler avec votre gouvernement afin de maintenir cette garderie sans buts lucratifs.

Nous vous demandons donc de revoir les plans de reconstruction de l'école Ste-Thérèse afin de prévenir la perte de ces 45 espaces de garderie parascolaire agréée.

En espérant que la priorité sera accordée à l'intérêt des enfants, veuillez agréer Monsieur le

premier ministre, nos salutations les plus distinguées.

Michèle Caron

La Présidente (RFNB)

Le 15 octobre, 2008
Lettre ouverte
Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

51, rue Williams
Moncton, (N.-B.)
E1C 2G6


Monsieur Victor Boudreau

Ministre des finances du Nouveau Brunswick
C. P. 6000
Fredericton (N.-B.) E3B 5H1

Monsieur le ministre,

L'annonce d'une réforme majeure de notre système fiscal inquiète le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB). Le document de travail sur le régime fiscal déposé à l'Assemblée législative en juin n'a rien de rassurant pour les femmes et les groupes vulnérables au Nouveau-Brunswick.

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick constate que le document de travail préparé par le gouvernement à l'intention des citoyens ne présente pas les répercussions de la réforme proposée de façon objective et complète. Par exemple, le document de travail ne mentionne pas les conséquences du projet de réforme pour certains groupes de la société tels que les femmes, les familles vulnérables à faible revenu, les familles à revenu moyen et les aînés. Par conséquent, les citoyens du Nouveau-Brunswick ne possèdent pas suffisamment d'information pour interpréter l'importance et la portée des changements proposés.

Les analyses démontrent que la réforme proposée par votre gouvernement désavantagera les femmes à plusieurs niveaux. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick n'a pas tenu compte des répercussions sur les femmes comparativement aux hommes dans ce projet de réforme. Pourtant, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, en vertu de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEFEF) dont le Canada est signataire, a une responsabilité quant à l'élimination de toutes les formes de

discrimination à l'égard des femmes. La réforme fiscale, telle qu'elle est proposée, ne contribuera pas à l'atteinte de l'égalité des femmes. Bien au contraire, le projet de réforme discrimine et appauvrit davantage les femmes du Nouveau-Brunswick.

L'argument selon lequel des bénéfices fiscaux et des avantages sont prévus pour compenser les effets néfastes de la réforme ne tient pas. Ces mesures compensatoires ne profiteront pas aux personnes qui en auront le plus besoin. En effet, 41 % des femmes et 27 % des hommes ayant présenté une déclaration de revenus en 2005 au Nouveau-Brunswick n'atteignaient même pas le minimum requis pour payer de l'impôt. Par conséquent, ce groupe, composé principalement de femmes, ne pourra pas bénéficier de mesures compensatoires telles que le montant de 400 $ de crédit d'impôt pour les enfants. De plus, ces mêmes personnes désavantagées devront payer des taxes sur des biens et services essentiels.

En plus de creuser l'écart des revenus entre les riches et les pauvres, la réforme fiscale proposée diminuerait les recettes fiscales de plusieurs millions de dollars par année. Il est fort plausible que le manque à gagner engendré par la baisse d'impôts pour les plus fortunés et les corporations, nécessitera l'élimination radicale de certains de nos programmes sociaux. Rappelons que les programmes sociaux au Nouveau-Brunswick se rapportent majoritairement aux femmes et aux enfants. Les programmes sociaux sont également essentiels à l'atteinte de l'égalité économique et sociale des femmes de notre province.

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick considère que:

1) une réforme fiscale devrait assurer que tous et toutes peuvent profiter de la richesse collective et compter sur un système d'appui dans les moments difficiles (maladie, absence de revenus, etc.). L'objectif de la réforme ne devrait pas être d'enrichir davantage les plus riches comme elle le fait;

2) les taxes régressives qui sont prélevées, au même taux, auprès de tous les citoyens, peu importe leur niveau de revenu, constituent un fardeau plus lourd pour les personnes qui doivent consacrer la majeure partie de leur revenu aux nécessités de la vie. Comme les femmes gagnent considérablement moins que les hommes (en moyenne environ 32 000 $ par année comparativement à
43 000 $ pour les hommes), ce sont elles qui en font les frais;

3) à défaut d'un système fiscal progressif, toute taxe sur la consommation des produits essentiels doit être compensée de façon à réellement neutraliser son effet sur les personnes à faible revenu.

Ce virage majeur en matière de fiscalité remet en question la justice sociale et les valeurs de notre société néo-brunswickoise. L'égalité et l'équité sont absentes du discours du gouvernement dans le cadre de cette réforme. Une forte proportion de la population ignore encore l'existence de ce projet de réforme fiscale ainsi que les répercussions que ce virage majeur aura sur notre province. Les consultations précipitées que vous avez menées banalisent l'importance de l'information au public et le droit des citoyens et citoyennes de participer à la vie démocratique. Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick soutient qu'un débat de société s'impose en matière de fiscalité dans notre province. Veuillez recevoir, Monsieur le ministre, l'expression de nos sentiments les meilleures,

La Présidente,

Michèle Caron

Conseil d'administration

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick a pour mission de faire valoir les intérêts et les droits des femmes francophones du Nouveau-Brunswick

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