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Pour publication immédiate

Le 4 février, 2009

Les groupes de femmes demandent une approche inclusive à la relance économique

Onze organismes représentant les femmes du Nouveau-Brunswick ont publié une déclaration commune aujourd'hui, contestant les mesures de stimulation de l'économie mises avant par le gouvernement. Les groupes ont affirmé que le gouvernement ne fera ainsi qu'aggraver l'inégalité qui existe entre les hommes et les femmes.

« Le plan de relance économique présenté n'offre aucune solution qui réponde aux besoins des femmes. Les réalités des femmes et celles des hommes sont très différentes, » a soutenu Michele Caron, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick lors d'une conférence de presse, à Fredericton. « Il existe plus d'un moyen de relancer l'économie. Le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial doivent choisir des mesures qui n'élargissent pas les inégalités déjà existantes », ajoute Madame Caron.

Johanne Perron, directrice générale de la Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick, déplore l'absence de toute initiative visant à déterminer si les politiques gouvernementales seraient profitables aux femmes, ou aggraveraient leur situation. « D'un côté, nos gouvernements déploient des efforts et investissent des millions de dollars pour réduire la pauvreté et éliminer la discrimination. De l'autre, par leurs réformes budgétaires et réductions proposées, ils contribuent à accentuer la pauvreté et les inégalités. »

Jody Dallaire, directrice générale de la Coalition des services de garde à l'enfance du Nouveau-Brunswick, souligne que de nombreuses possibilités d'actions susceptibles de dynamiser l'économie et d'être plus équitables pour tous s'offrent au gouvernement. « Nos organismes sont d'avis que les gouvernements devraient investir dans les projets d'infrastructures sociales profitables aux femmes, tels les services de garde et le logement social. Nous croyons également que les gouvernements doivent adopter des politiques et programmes qui assurent à tous un revenu adéquat. Finalement, nos organisations considèrent qu'il est important de maintenir une structure fiscale progressive et de ne pas réduire les impôts. »

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Pour information, voir la déclaration et la liste des groupes signataires ou contactez :
Michèle Caron, 863-2124 (t); 531-6918 (c); Jody Dallaire, 961-1131 (c); Johanne Perron 855-0002 (t)

Les femmes et la crise économique

Déclaration

Les actions des gouvernements ne devraient jamais, et surtout pas en temps de crise économique, contribuer à augmenter les inégalités économiques ou sociales. Dans les plans de redressement de l'économie qui sont débattus, aucun ne prend en considération les besoins des femmes collectivement et dans leur diversité. Parce que la réalité des femmes est différente de celle des hommes, les effets du plan choisi seront différents pour les femmes et les hommes.

Pour arriver à une égalité véritable, il faut tenir compte de ces différences. Nous croyons que nos gouvernements fédéral et provincial doivent faire une analyse inclusive des politiques et des budgets gouvernementaux. Il faut évaluer les répercussions des politiques, lois, budgets et programmes existants ou proposés sur les femmes et sur les hommes, tout en respectant la diversité qui existe parmi les femmes.

Il n'y a pas qu'une façon de redresser l'économie. Il faut opter pour les moyens qui ne creuseront pas les inégalités entre hommes et femmes et qui n'appauvriront pas les plus vulnérables dans notre société.

Dans cette perspective, nous demandons à nos gouvernements :

d'investir dans l'infrastructure sociale, c'est-à-dire dans les programmes sociaux tels que la garde à l'enfance, le logement, l'éducation et les soins de santé,

d'assurer des revenus adéquats pour tous et toutes,

de maintenir la progressivité de notre régime d'impôt sur le revenu pour les entreprises et les particuliers et ne pas baisser les impôts.

Groupes signataires :

Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick
Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick
Coalition pour les services de garde à l'enfance du Nouveau-Brunswick
Business and Professional Women's Club of Greater Moncton
Club des femmes de carrière du Sud-Est du Nouveau-Brunswick

Collectif des femmes du Nouveau-Brunswick

Comité des femmes de la FTTNB

Fédération canadienne des femmes diplômées des universités

Femmes équité Atlantique

Front commun pour la justice sociale

Fédération des femmes acadiennes et francophones du Nouveau-Brunswick
Le 2 décembre 2008

Lettre ouverte

Madame Mary Shryer
Ministre du développement social
Province du Nouveau-Brunswick
Fredericton (N.-B.)

Madame la ministre,

C'est avec consternation que nous avons appris la création de votre programme de supplément de chauffage en cas d'urgence dénommé Gens de coeur, Cœurs au chaud qui sera livré par l'Armée du salut.

À l'instar de nombreux autres organismes et individus, nous devons dénoncer l'approche et l'idéologie qui sous-tendent le désengagement du gouvernement et le transfert de ses responsabilités aux groupes communautaires et de bienfaisance. Nous ne nions pas l'esprit d'entraide qui anime ces groupes, mais la pauvreté est un problème social qui a des conséquences trop sérieuses pour être abandonnée à des mesures aléatoires qui dépendent de la bonne volonté et de la disponibilité des bénévoles. Ajoutons à ceci que le droit à la confidentialité et à la protection de la vie privée s'en trouve compromis.
La guerre à la pauvreté est une responsabilité collective. Tout comme nous le faisons pour l'éducation et la santé, nous mettons nos ressources en commun grâce à notre système de taxation et comptons sur nos gouvernements pour assurer à tous, la satisfaction des besoins de survie. Le chauffage dans un pays comme le nôtre fait partie de ces besoins et il est scandaleux que des personnes y inclus des enfants y aient froid.
Nous joignons notre voix à celles qui réprouvent le fait que le programme soit administré par un organisme qui n'a pas l'organisation ni les ressources pour respecter le droit des Acadiens et des Acadiennes aux services publics dans leur langue. L'obligation du gouvernement du Nouveau-Brunswick de protéger et de promouvoir l'égalité linguistique n'est pas moins grande parce que les personnes sont pauvres. La « privatisation » du programme ne libère pas le gouvernement de ses obligations en la matière.

De plus, nous nous insurgeons contre le fait que l'administration de ce programme ait été confiée à un organisme fondé sur des valeurs religieuses conservatrices, chrétiennes et hétéropatriarcales. Chacun a la liberté de religion et nous ne contestons nullement le droit des membres de l'Armée du salut de promouvoir leurs croyances. Nous ne nions pas non plus sa contribution au soulagement de la pauvreté depuis plus d'un siècle.
Mais nous ne pouvons pas admettre que l'accès aux programmes sociaux puisse dépendre de la conformité à des principes moraux et religieux. Ce danger est d'autant plus grand que comme vous le déclariez : les bénéficiaires du programme Gens de cœur, Cœurs au chaud de l'Armée du Salut, « seront vivement encouragés » à suivre une formation pour apprendre à gérer leurs factures et réduire leur dette. C'est ajouter l'insulte à l'injure d'exiger que ces bénéficiaires apprennent à gérer l'argent qu'ils n'ont pas.

Les personnes qui demanderont le supplément verront vite dans ce « vif encouragement » la nécessité de se montrer « méritantes » et de prouver leur rectitude morale. Il est vrai que l'Armée du salut affirme qu'on doit être tolérant à l'égard de celles et ceux qui ne se conforment pas à ses préceptes religieux. Nous refusons le deux poids deux mesures : des droits pour les citoyens et les citoyennes et de la tolérance pour les pauvres. Étant donné que la plupart des personnes pauvres sont des femmes et leurs enfants, et étant donné les jugements moraux plus sévères à l'égard des femmes, votre programme renforcera la discrimination sexuelle.
La laïcité du gouvernement est une autre raison pour laquelle les programmes d'aide sociale doivent être offerts par le gouvernement.

En espérant que vous abandonnerez sans retard cette mauvaise idée et mettrez en place un vrai programme qui reconnaîtra les personnes pauvres comme des citoyens et des citoyennes à part entière.

Michèle Caron

Présidente
Regroupement féministe du N.-B. (RFNB)

Conseil d'administration

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick a pour mission de faire valoir les intérêts et les droits des femmes francophones du Nouveau-Brunswick

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Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick
236, rue Saint-George, bureau 416
Moncton, Nouveau-Brunswick
Canada, E1C 1W1
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Télécopieur: (506) 854-9728

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